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Les crabes dansent au Croisic

Les crabes dansent au Croisic

Je ne guérirai pas, mais je vis gaillardement (la plupart du temps) : FAUT PAS GÂCHER !

L'appel de NIVEA.

L'appel de NIVEA.
Lundi 14 octobre.15H. Le téléphone sonne.
C'
est Nivéa.

Ils sont ponctuels. Ils se présentent. Je fais répéter. Marc Eskénazi est Responsable des Affaires Extérieures. Plus précisément, il est peut-être le Directeur Exécutif de Burson-Marsteller, agence qui serait en charge des relations publiques de Nivéa. Je le contacterai via Linked-In pour le vérifier. Il y a aussi Maud Je-n'ai-pas-saisi-son-nom-de-famille. Elle est Manager. Maud me dit "bonjour" puis ne parle plus. C'est Marc Eskénazi qui parle. Il écoute en réalité pour commencer. C'est appréciable. Il sait que c'est ce qu'il faut faire. C'est un professionnel. Alors j'explique. Sur la forme, l'extraordinaire maladresse de ce grand groupe qui communique si mal avec ses détracteurs. Sur le fond, les Parabènes qui empoissonnent.

Marc Eskénazi me dit qu'ils ont reçu 250 posts sur la page Facebook de la marque.

Que mon témoignage les a marqués plus que les autres. Que je suis la seule qu'ils appellent.

Il y a probablement une part de flatterie dans cette déclaration. Je ne suis pas flattée. Il n'y a pas de fierté à tirer d'une simple conversation, avec un simple industriel. Je sais que je ne suis qu'une micro crotte parmi la masse des préoccupations et plans de la marque. Je veux néanmoins utiliser la tribune offerte pour dire ce que j'ai à dire : Un groupe de la taille de Nivéa a des responsabilités envers ses consommateurs. Quand il est interpelé par plus de 200 personnes sur sa page Facebook, quand 75 000 signataires d'une pétition lui demandent le retrait des Parabènes de ses produits, il a le devoir de les entendre et de leur répondre en toute honnêteté. Il ne peut pas ignorer le message. Il ne peut pas nier le danger en renvoyant des réponses formatées.

L'appel de NIVEA.
Marc Eskénazi prévient qu'il va formuler 2 réponses.
Celle de Nivéa.
Et la sienne, partagée par nombre de cadres de l
'entreprise.
  1. Nivéa agit dans le respect de la loi. Les formulations des produits sont maîtrisées par la maison mère en Allemagne (avec peu de marge de manoeuvre en France). Les conservateurs sont nécessaires. Pas de conservateurs, et le produit pourrit dans les 10 jours. Les Parabènes sont les conservateurs les plus sûrs de la palette.
  2. A titre plus individuel, la "crise Parabènes" touche et interloque en interne. "On écoute, on réfléchit sur le sujet" me dit-il, "Mais le sujet est compliqué : qu'est ce qu'on fait, par quoi remplace t-on les Parabènes ?"
Pour commencer, pourquoi ne pas dire les choses aussi simplement à vos détracteurs Monsieur Eskénazi ?

Plutôt que de se murer dans l'autisme le plus hermétique et le plus agaçant pour celui qui le subit. Plutôt que de camper sur une position intenable face à des consommateurs de plus en plus experts. Osez dire que vous comprenez les inquiétudes, que vous planchez, sans solution pour le moment, parce que le sujet est horriblement complexe, mais que vous planchez. Une attitude transparente, responsable et humble. Un engagement sur les moyens, pas les résultats. Voilà qui calmerait déjà les foudres de la foule.

Ensuite, le respect de la Loi n'est pas un argument.

D'abord parce que c'est bien le minimum. Et puis l'on sait depuis belle lurette que le respect des quantités encadrées par la loi n'est pas une garantie de sécurité : l'accumulation sur une journée de Parabènes en quantités autorisées, une crème par ci, un déodorant par là, aboutit à des quantités dangereuses pour la santé... Et à un cancer au bout de 20 ans.

Enfin, pour avoir travaillé plus de 20 ans dans de grands groupes internationaux, je sais que les maisons mères peuvent entendre leurs filiales.

Quand les objectifs globaux sont partagés, les moyens et les stratégies peuvent être ajustées d'un pays à l'autre. A force de ténacité, de recommandations étayées et de résultats engrangés, la France peut trouver à la longue, une oreille attentive en Allemagne. Quand on a des convictions, on se bat pour les faire avancer. C'est en tous cas comme ça que j'ai toujours fonctionné.

23 minutes de conversation, d'écoute et de compréhension réelle je crois.

Notre échange ne change rien bien sûr. Rien chez Nivéa à court terme. Rien à ma détermination non plus. Marc Eskénazi s'est engagé à faire remonter la teneur de notre discussion chez Nivéa. Je me suis engagée à continuer à les embêter sur leur page Facebook pour rappeler la nécessité du retrait des Parabènes. Je lui ai demandé de me tenir au courant.

Le fera t-il ?...

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