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Les crabes dansent au Croisic

Les crabes dansent au Croisic

Je ne guérirai pas, mais je vis gaillardement (la plupart du temps) : FAUT PAS GÂCHER !

Le marin pas encore pêcheur mais qui va le devenir est heureux.

Le marin pas encore pêcheur mais qui va le devenir est heureux.

La preuve irréfutable reçue du bateau ce matin :

Le chalutier s'est approché des côtes suffisamment pour permettre un échange entre nous. La communication était mauvaise, hachée, abimée par le bruit des moteurs tout autour. Mais nous nous sommes parlés !

Il a souffert. Toute la journée d'hier. Toute la nuit. Il a dû s'accrocher à sa couchette pour ne pas en tomber. Il a peu dormi. La faute à la houle, au vent d'ouest, au vacarme infernal des machines qui ne s'arrêtent jamais, aux odeurs de tabac en cabine. Parce qu'un matelot, un vrai, un dur au mal (de mer d'océan), ça fume. Et ils sont quatre de cette trempe dans le carré... Même pas peur des murs d'eau sombre derrière le bateau, des bourrasques qui font giter le navire, empesé par sa hauteur et ses tonnes de ferraille. Ils encaissent sans ciller. C'est leur métier.

Ce matin, mon Homme aimé, admiré, car je ne ferais pas le début de ce qu'il est en train d'accomplir, mon Homme avait les traits tirés et le sourire. Il m'a raconté l'enchainement des marées. 7 ou 8 en un peu plus de 24 heures. Il ne les compte déjà plus. Une marée, c'est un "coup de filet". Le chalut qu'on déroule, qu'on traine 3 longues heures et qu'on remonte rempli. Plus ou moins. Il m'a raconté le tri, les poissons que l'on garde, ceux que l'on rejette à la mer, estourbis par la manoeuvre, sans grandes chances de survie. Les tourteaux rejetés aussi... une fois amputés de leurs pinces. Les araignées, plus chanceuses, rejetées entières. C'est sauvage. Sans états d'âme. Ils sont là pour pêcher, pour gagner leur vie, pas pour pleurer les tourteaux amputés et les poissons estourbis. Jusqu'ici, ils ont du congre dans les cales, du bar, "pas beaucoup mais des gros", du tacauds, de la sole et de la seiche et du requin aussi (de la roussette?...). C'est une pêche moyenne. Mais la campagne n'est pas finie...

Mon Homme aimé et admiré a raccroché. La vie a bord continue. La vie à terre aussi. C'est troublant cette expérience. Mon homme absent. La grande maison pour moi. Les petits hommes à moi toute seule aussi. Et ce site où je suis, comme une espionne tapie, tous les mouvements du bateau.

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