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Les crabes dansent au Croisic

Les crabes dansent au Croisic

Je ne guérirai pas, mais je vis gaillardement (la plupart du temps) : FAUT PAS GÂCHER !

Cicatrices, et de dix !... Ah non : onze en fait.

Cicatrices, et de dix !... Ah non : onze en fait.

Ben j'ai revu une chirurgienne, parce que je vais me refaire chirurgiquer.

 

QUEÛÛA ??? ENCORE ???

 

Eh voui, encore. La dernière opération, celle de février ousqu'on m'a retiré un mélanome, elle a même pas eu le temps de sécher que paf ! Je m'y recolle. J'te l'ai pas racontée celle là d'ailleurs ! C'était quelque chose. Et pi un mélanome ami lecteur... Mince, comme si j'avais pas déjà assez exploré le grand éventail du cancer. Bref, a pu le mélanome. Nouvelle balafre en "Z" sur le cuissot en revanche. 9 centimètres le "Z" de zorro ! 

 

Combien ça m'en fait maintenant d'estafilades sur le corps voyons... Attends, je me perds ! Je vais procéder mé-tho-di-que-ment, chro-no-lo-gi-que-ment. Non, de bas en haut, ce sera plus simple.  Alors, 1, 2, 3... Que j'en oublie pas. Faut que je me regarde dans le miroir sinon, sûr que je vais en oublier une depuis le temps que j'ai commencé ! 9 ? Oui, oui, neuf ! Ah non, je savais bien que j'avais pas tout bien compté, dix ! Il me manquait celle de "couic les ovaires" sur le nombril. Faut dire que c'est du grand art celle là. Chapeau le gars qui me l'a faite. A peine si on la voit... Celle là. Parce que les huit autres, on peut pas les louper. Surtout les cinq moches, là, sur la poitrine que j'avais jolie. La très grande, derrière, celle de "dors en paix grand dorsal", elle est moche aussi note bien, mais je la vois moins. Celle que je vois très bien, c'est la dernière, là, sous mes yeux et sur la cuisse, celle du mélanome. Parait qu'elle va être belle. Tous les professionnels qui la voient au fil des consultation me font OOOOOH elle est belle, c'est du beau travail. Pour le moment, je me rends pas bien compte. En réalité, je pourrai jamais m'émerveiller comme eux sur ce zig zag violet grand comme la main. C'est comme pour les rilletttes en fait : nous n'avons tout bonnement pas les mêmes valeurs. Enfin, il a fait du bon travail le dernier chirurgien, c'est bien.

 

Le nouveau, celui que j'ai vu hier à Nantes est une nouvelle. Recommandée par le dernier. Vous me suivez ? Ils travaillent ensemble. Ils s'apprécient. C'est rassurant. C'est elle qui s'y colle parce que je vais me faire chiruriquer le visage. Et le visage, le dernier, il y touche pas. Pour le visage, sache-le ami lecteur, il faut im-pé-ra-ti-ve-ment un chirurgien maxilo-facial, ou un chirurgien esthétique. C'est pas n'importe qui qui peut chirurgiquer les visages. Tant mieux. Pour moi, elle va opérer le 15 juillet, juste après mes vacances. Je voulais pas non plus tout me ruiner la dolce vita sur la Costa Brava, qui se trouve être en Espagne mais on peut aussi très bien y dolce viter, ça se fait. Elle va inciser la tempe droite, un peu dans les cheveux.  L'embêtant, c'est que ça repousse pas le cheveu sur la cicatrice. Mais dans mon malheur, comme elle dit la dame qui chirurgique, j'ai de la chance : avec la façon dont se place ma tignasse (pas bien épaisse mais bon), ça devrait se voir modérément. Mouais. Toutes façons, y'a belle lurette que l'esthétique est passé à la trappe chez moi. Rien à cirer maintenant que ce soit joli ou laid. Ce qui compte, c'est de garder ma vie.

 

Pour cette fois, il se trouve que je ne risque pas de la perdre : on me retire un carcinome basocellulaire. Le "baso" comme ils disent les "dermatos", c'est le banal de la bande des cancers de la peau. Il métastase même pas. Ce minable... Enfin, il métastase rarement. Des fois qu'il s'y mettrait chez moi, vu que quand même, j'ai pas l'pot avec les cancers, on va pas le laisser s'installer le pépère, on l'endort et on le trucide. Le 15 juillet.

 

Voilà ami lecteur ! Je t'ai tout dit ou presque de ma journée d'hier. Chirurgienne et dermato... Et Museum d'Histoire Naturelle avec le petit homme qui m'accompagnait ! C'était chouette ça, le musée, les squelettes et les dinosaures avec le petit homme. Il a aimé. Et j'ai aimé partager ce moment privilégié avec lui. Sa main dans la mienne, dans les rues de Nantes. Son bras sur mon épaule, quand nous étions assis sur les marches du théâtre de la place Graslin pour casser la croute au soleil. Ces moments là tu vois, j'oublie absolument les cancers en cascade, le lymphome, le cancer du sein, les métastases, le mélanome et le carcinome sur la peau. Vraiment tu peux me croire. Sans les visites obligées et un peu vitales, aux professionnels de ma santé et de la tienne et de tout le monde, je vis sans la maladie dans ma tête. Je vis avec la gêne et la douleur dans le corps. Mais la vie du coeur prend toute la place.

 

Cicatrices, et de dix !... Ah non : onze en fait.

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