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Les crabes dansent au Croisic

Les crabes dansent au Croisic

Je ne guérirai pas, mais je vis gaillardement (la plupart du temps) : FAUT PAS GÂCHER !

Nouvelle fable : la vipère, le chien-limace et ses déjections molles

Préambule :

 

Nouvelle fable : la vipère, le chien-limace et ses déjections molles

Ceci étant clarifié :

 

ce matin, j'entame l'étape 3 de ma routine matinale : la promenade d'Isséo le chien chocolat. Je me suis levée tôt (6H50) pour accomplir les étapes 1 et 2 (l'accompagnement des petits hommes pour le collège, départ du bus à 7H50 devant l'arrêt Saint Jean de Dieu ; puis l'école, dépose de mon pirate sous son bonnet rouge devant le portail). Sur la côte sauvage, le ciel est blanc et bas, il fait un froid polaire et j'ai précisément froid. Je rêve d'un thé brulant, vert et d'une couverture épaisse probablement bleue, parce que j'aime le bleu. Je serais mieux ailleurs, mais Isséo est bien ici, alors...

 

Alors que je devise à l'envi sur ce que je ferais bien si je n'étais pas là, nous butons sur un os, Isséo et moi. L'os est un grand chien aux poils longs, blancs et marrons. Il est pas méchant, peut-être. Mais son attitude laisse planer le doute : à la vue d'Isséo, il se tapit comme un félin, la truffe au ras des feuilles, immobile. Je prends le parti de jouer la désinvolture : "Un copain pour toi Isséo !", plus pour me rassurer d'ailleurs, que pour rassurer mon animal : la queue d'Isséo vire de gauche à droite, tel un métronome qui va bon train ; mon chien-joyeux file déjà à la rencontre du chien-zarbi. Isséo n'est plus qu'à quelques mètres. Le chien-zarbi ronchonne. Houla, changement de tactique sur-le-champ : repli, passage à revers l'air de rien : "Viens Isséo, on avance !". Nous avançons donc et laissons le grognon derrière. Je me retourne à intervalles rapprochés. Vérification que le chien-zarbi ne nous file pas le train. Il s'est redressé... Il nous suit l'abruti ! Devant moi, Isséo furète, renifle, prend son temps... "Allez Isséo, en avant !" Le chien-zarbi me dépasse. Merde, fait chier ce con ! (pardon ami lecteur, je te livre mon agitation intérieure telle quelle). Le chien-zarbi rejoint Isséo qui trotine assez loin  devant maintenant. "Hep ! Non, NON, NON !" (là, je parle à voix haute, très haute même, au chien-zarbi qui n'en a cure) Mais où est sa maîtresse bon sang ?! Oui, je sais que le chien-zarbi a une maîtresse et non un maître. J'ai eu le grand bonheur de la croiser dans ce même parc de Penn Avel, c'était en septembre dernier. Elle est où la sorcière ?! Je ne la porte pas en grande estime, comme tu peux le lire. Elle est où cette vieille conne ?!! Je la déteste tout à fait en réalité et si l'on me demandait de l'enterrer vivante dans les déjections de son con de chien, je le ferais volontiers. Je te choque ami lecteur. Je comprends. Avant de me juger tout de même, vois plutôt ce que la poison m'a envoyé à l'automne :

Nouvelle fable : la vipère, le chien-limace et ses déjections molles

Nous sommes tout début septembre (2015). Juste après la saison touristique. Ce détail a son importance dans mon histoire ami lecteur, tu vas comprendre. Le chien-zarbi vient de s'aplatir à notre approche. Sa maîtresse-épouvantail (elle a le cheveu mal coiffé et filasse, plutôt blanc à le voir de plus près, en tous cas pas lavé, de loin comme de près), sa maîtresse-épouvantail donc, se trouve à bonne distance derrière. Je m'inquiète déjà du chien-carpette :

 

"Bonjour... C'est normal ça, ou est ce que je dois m'inquiéter ?" dis-je avec le sourire. Je désigne la posture de l'animal à plat ventre et me tiens prête à attraper isséo par le col en cas de pugilat canin.

Elle, aussi sèche que sa tignasse est grasse : "quand on étudie les chiens, on sait que c'est une posture de jeu."

 

Je viens de comprendre que l'épouvantail appartient à la catégorie des grands imbéciles à tendance agressive. Une espèce commune, mais dont la rencontre reste stupéfiante : c'est une expérience souvent inattendue et sans cesse renouvelée. Me voilà donc stupéfiée. Je poursuis mon chemin mécaniquement, avec mon toutou un tantinet tendu. Il a dû, lui aussi, échanger quelques incivilités muettes avec le chien-aplati. Dans les allées du parc, je me refais la scène, je rumine, je peste contre la sinoque qui se la pète et paf ! La revoilà au loin, à l'autre bout de la charmille. Elle est accompagnée. Une amie rencontrée en promenade sans doute. Elle me lance une nouvelle amabilité :

 

"Les chiens, on les tient en laisse !"

 

La remarque est totalement déplacée : le sien évoluait l'instant d'avant en totale liberté ; elle vient tout juste de ramasser sa longe au sol parce qu'elle m'a repérée. L'imbécile agressive s'avère être en prime une pure saloperie.  C'en est trop. Agacée, je réplique :

 

"Ça va... On est dans un parc... Tous les chiens sont lâchés, il (Isséo) en a croisé des dizaines avant le vôtre sans que cela pose un problème.

- Oui, mais les autres chiens on les connait !"

 

Isséo doit sentir la tension. Il se met à grogner à la hauteur du chien-moquette.

 

"Ah s'il grogne, le mien va attaquer. Elle se tourne vers l'autre femme et avec ses grands airs de connaisseuse : c'est un cocker...

 

Sous-entendu, le cocker est malveillant. Avertissement pour toi à ce stade ami lecteur : je m'apprête à lâcher tout ce que j'ai contenu jusqu'ici, parce que ma Maman m'a bien élevée :

 

- Un cocker oui, et vous qui avez fait de grandes études sur les chiens, vous devez savoir qu'il ne grogne qu'avec les connasses.

 

Pardon Maman. Quant à toi ami lecteur, je t'avais prévenu... Les hotislités sont ouvertes bien grand et les coups sont costauds. La minable mesquine encaisse celui qu'elle vient de recevoir et réplique maladroitement :

 

"Oh vous les touristes, vivement que vous partiez : on en a marre des touristes !"

 

Cette crétine me prend donc pour une étrangère et à ce titre, estime qu'elle a plus de droit que moi ici. Faut pas me chercher sur ce terrain là mémé, faut pas :

 

"Mais quelle touriste ?! J'habite ici connasse ! Et puis c'est ça ton argument ? Il y a les bons Croisicais et les vilains touristes ? Mais les touristes, ils nous font vivre sombre conne ! Alors retourne à tes grandes études sur les chiens et fais pas chier !"

 

Je t'avoue que je ne suis pas particulièrement fière des grossièretés sorties. Je me suis sacrément emportée... Prise de court et sans doute pour sauver la face, la sorcière se met à rire. Un rire forcé, haut-perché ; un rire nerveux que j'entends longtemps dans mon dos, alors que je reprends ma promenade plus tout à fait paisible, sous les arbres de Penn Avel.

Nouvelle fable : la vipère, le chien-limace et ses déjections molles

Ce matin, la maîtresse-épouvantail ricane encore en me voyant. Décidément. Elle me lance de loin :

 

"Elle a encore des choses à dire ?

 

J'ai bien ça sur le bout de la langue pour lui clouer le bec :

 

- Ben oui justement, des tas, vu que t'es une source d'inspiration infinie, infinie comme ta connerie, vieille bique !"

 

Mais rapport à ce que j'ai décidé de pas gaspiller le temps qui manque, je ravale ma tirade, tourne le dos à la vilaine et marche droit vers la sortie en ignorant la provocation. Je vais être honnête avec toi ami lecteur, cette sagesse matinale me coûte considérablement : tu connais maintenant mon naturel spontané et ma verve fleurie. Je lui en aurais volontiers servi un nouvel échantillon à la vipère, mais non. Je retiens tout, Isséo et moi itou. Je me répète que je fais bien, que c'est là la meilleure attitude, que je dois placer la malfaisante à la seule place qu'elle mérite dans mon existence : tout en bas, en très très petit ; avec les stupides, les mesquins, les persifleurs et les sordides qui ont déjà croisé ma route. Bye bye vétuste vermine ! Toi, ton chien-limace et ses déjections molles, je vous jette aux oubliettes et en avant la vie !

 

Toutes mes excuses à toi, ami lecteur.
C'est comme le disait Jacqueline Maillan dans Papy fait de la résistance : "pardon, mais quand on est énervé, ça soulage "

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