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Les crabes dansent au Croisic

Les crabes dansent au Croisic

Je ne guérirai pas, mais je vis gaillardement (la plupart du temps) : FAUT PAS GÂCHER !

Libre comme l'air.

Bonjour Jérôme,


J'ai besoin de te parler encore :


Au delà des franches rigolades, des calembours et des blagues dont tu étais le maître faut bien le dire; au delà des fêtes bien arrosées et des délires intensifs où tu excellais, faut bien le dire aussi; Au delà de tout ça mon Jérôme, tu étais surtout un gars LIBRE. Depuis toujours. Aussi loin que je remonte dans nos souvenirs communs, tu as toujours décidé et fait ce que tu as voulu. Depuis cette journée de collège séchée ensemble pour aller (en car jaune) passer la journée à la plage de Boucan, jusqu'à ton choix de vie à la Réunion, en passant par tes études sympathiques sous le soleil de Montpellier (alors que je trimais comme une bourrique en prépa pour intégrer mon Ecole de Commerce). Tu es libre. Pas de carcan chez toi, pas de pression sociale, rien à faire de ce que pensent les autres, tu traces ta route comme tu l'entends, tu profites en faisant fi des règles établies. Ce n'est pas toujours rassurant pour ton entourage, car ce n'est pas la voie la plus facile. Mais tu es libre. Tu ne vis pas toi, tu es de ceux qui EXISTENT.

Je t'écris ça aussi pour Pacome et Eva Nell. Pour qu'ils aient une image juste de leur Papa. Un esprit libre, c'est le plus bel héritage que tu laisses à tes petits mon Jérôme.

Je t'écris ça enfin, parce que J'AI FINI PAR REPRENDRE MA LIBERTÉ MOI AUSSI. Tant d'années embrigadée, encarcanisée... Inconsciente de ce que je perdais en suivant la voie royale, les grandes études, le job "de rêve" à Paris, le gros salaire, les bonus, les stock options et la belle voiture sur le parking, les soirées entre amis, tous pareils, tous semblables à moi, plus bien sûrs à 30 ans d'avoir gagné au change, puis certains à 40 d'avoir très cher payé leur "place au soleil". La course permanente pour ne pas être en retard le matin, à l'école des petits, au travail, aux rendez-vous de la journée, chez la nounou le soir, les soirées devant l'ordinateur une fois les enfants couchés, les réveils aux aurores pour passer avant les bouchons sur la N118, les courses chez Carrefour sur l'heure du déjeuner, avec un sandwich attrapé chez Paul, et tous ces petits mouchoirs posés sur mes convictions pour faire ce qu'un chef shooté à la réussite attend de moi, pour décrocher mes promotions, un plus gros salaire, un plus gros bonus, toujours plus de stocks... Cette frénésie creuse m'était devenue insupportable. Merci les épreuves et les désillusions qui ont bien aidé la réflexion et précipité la décision. J'ai repris ma liberté. Mon homme et moi rêvions d'une vie simple et saine au bord de l'océan. Nous y sommes ! Au Croisic, JE SUIS A MA PLACE. Au Croisic, j'espère aider mes deux petits hommes à vivre librement pour trouver la leur plus tôt que moi, comme toi Jérôme.

Libre comme l'air.

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