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Les crabes dansent au Croisic

Les crabes dansent au Croisic

Je ne guérirai pas, mais je vis gaillardement (la plupart du temps) : FAUT PAS GÂCHER !

La douleur pour les NULS

La douleur pour les NULS

Bien, au programme du jour : LA DOULEUR.

 

Le sujet me vient très naturellement parce que justement ce matin, J'AI MAL ! Pour préciser la circonstance : j'ai mal tout le temps, mais j'ai encore plus(se) mal que d'habitude ce matin. Pas en intensité. En diversité. J'aurais pas dû participer à l'animation sportive du Croisic samedi. Non. J'aurais pas dû. Je me serais évité la sensation rouleau compressée-cimentée du réveil. Mais qu'est ce qu'on a bien rigolé !

Bref, on distingue donc aujourd'hui chez notre specimen (bibi), atteinte d'un cancer du sein métastatique bien accroché (le mien), 5 types de douleur qui font mal. Nous allons ici les décrire très simplement :
 

  • La douleur musculaire : c'est la douleur qui fait "comme si ton corps était un bleu géant qui recouvre du dedans". Bleu géant dans les cuisses, les mollets, les bras... Même sans bouger, t'as mal. Toutes façons, tu bouges pas bézef  parce que la douleur musculaire, c'est aussi la douleur qui fait "comme si ton corps pesait un éléphant super pansu". Ankylosé, lesté, le petit corps courbaturé.
     
  • La douleur osseuse : ça, c'est de la douleur pas banale. De la douleur que tu peux pas penser qu'elle existe avant de l'avoir rencontrée. Faut imaginer une armée de Lilliputiens pyromanes. Ils font le siège de ton squelette avec leurs briquets miniatures et ils allument le grand barbecue tous ensemble. Le feu de joie est entretenu bien sûr, pour que le foyer reste bien vigoureux. Tu en profites donc pleinement et longuement.
     
  • La douleur articulaire : pour celle là, attention chasse gardée. Privilège des vieux ma cocotte. Fais la queue comme tout le monde. L'arthrite, les doigts rigides, les articulations rouillées, c'est réservé aux mémés. Meeeeeuuuuu nooon ! Pour toi petite veinarde c'est tout de suite !! Viens par là, bouge pas, on va te couler du ciment à la place du liquide synovial, on va tellement te bétonner les rouages que tu bougeras plus un orteil. Alors ?... Alors oui, j'suis bien raide. Démarche du pingouin bien pratique pour les escaliers. Pas moyen de fermer les doigts sur un crayon. Non, c'est du costaud, rien à dire.
     
  • La douleur cicatricielle : elle serait presque mignonette la douleur cicatricielle. Pour reprendre l'expression clinique consacrée : "sur une échelle de 1 à 10, vous lui donnez combien à votre douleur ?". Pour elle, ce sera un petit 2... Et un bon 5 quand une bride fait son apparition. Aaaah la bride... Quand ça vous saute à la surface après l'intervention chirurgicale, quelle chance on a... Sur l'aisselle droite, après le curage axillaire, j'ai eu ce petit amas de cellules, cet effet super glue entre 2 membranes du bras... Pour adhérer, ça adhère. Impossible de déplier le bras pour attraper ton verre à 30 cm sur la table, faut renoncer aussi aux bras derrière le cou de ton homme-aimé. Tu donnais déjà dans le pingouin, te voilà également dans le manchot.
     
  • La douleur neurologique : alors celle ci... C'est du poids lourd, de la ceinture WBC Diamond, de la douleur de très très haut niveau. Une impression d'amputation (du haut niveau j'vous dis). Non pas que je sache ce que ça fait de se faire amputer. Mais je serais quasi tentée par l'expérience quand l'avant bras droit envoie de la douleur de cette amplitude. Couic le bras. Couic la douleur.


Sauf que la douleur ne se tait jamais. C'est imaginable ça ? Moi, je pouvais pas l'imaginer : j'ignorais même que je puisse un jour ne plus être en bonne santé. Ah l'insouciance du bien portant... Quand on est gravement atteint, la douleur fait partie du topo. Elle est installée. Certes maintenant, on vous en parle à l'hôpital. Un beau progrès déjà. Parce qu'en 97, pour mon 1er cancer, je peux vous dire que j'en ai encaissée de la douleur sans que ça gêne. Aujourd'hui, on va tout de même vous consoler, vous dire que la douleur n'est pas une fatalité, qu'on peut la soulager. Mais bien sûr... J'en ai ingurgité des drogues, badigeonné des crèmes anti-inflammatoires. De la roupie de sansonnet, du pet de chameau, du pipi de chat... (Je donne dans l'emphase. Mon homme-aimé me reproche gentiment cette manie, mais je me la garde !).

 

La douleur, c'est moi. Elle fait partie de moi.
Si je me réveille un jour sans la ressentir, c'est que je serai morte !
(humour grinçant pour moi aussi, je te rassure :)

 

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