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Les crabes dansent au Croisic

Les crabes dansent au Croisic

Je ne guérirai pas, mais je vis gaillardement (la plupart du temps) : FAUT PAS GÂCHER !

Le grincheux de l'été

Le grincheux de l'été

L'été sur la côte, les heureux côtoient les grincheux.

J'ai rencontré mon grincheux en milieu de journée. Je dois te le raconter :

 

Je promène Isséo le chiot. Le tout petit homme m'accompagne. Nous voilà tous les trois sur la cale de la S.N.S.M., pieds et pattes dans l'eau fraiche de la marrée montante. Ô joie. Ô plaisir simple et si bon à la fois !

 

Un homme s'approche. Un bidon dans chaque main. Et un autre bidon devant lui, sacrément volumineux, saucissonné serré dans la ceinture de son petit short beige. Nous lui souhaitons le bonjour, car le gros bidon ne semble pas disposé à formuler le premier, la plus petite marque de politesse. Il se penche et entreprend de remplir ses récipients de plastique à côté de moi. Puisqu'il est peu disert, je reprends de mon côté les activités interrompues. J'appelle Isséo, encore ruisselant du dernier bain. Inutile d'en faire des caisses : Isséo aime l'eau. Le voilà accourant, galopant, développant ses quatre papattes bien larges, shootant dans ses longues oreilles à chaque foulée (Pardon ?... C'est un cocker oui...). Il nage maintenant insouciant, tout à son bonheur, entre le gros bidon, le tout petit homme et moi.

 

Le grincheux de l'été

 

"Non mais franchement, vous pouvez pas aller faire nager votre chien ailleurs ?!"

 

Gros coup de frein rabat-joie. Je suis comme sonnée. Je viens de me prendre le cadre de la scène de liesse familiale dans les gencives. Le gros bidon a parlé. Il est mécontent. Je ne comprends pas ce qui me vaut son agacement et le lui signifie gentiment.

 

"On n'a pas idée ! Je viens chercher de l'eau et votre chien me saute dessus.

- Il ne vous a pas sauté dessus. Mais quel est le problème exactement, je ne vous comprends pas.

- Ca non, vous ne comprenez pas grand chose..."

 

Avant, je l'aurais tout bonnement noyé profond sous un flot d'injures fort grossières et je me serais régalée de la décomposition de sa grosse tête bouffie prenant l'eau. Je lui aurais fait bouffer sa panse jusqu'à ce qu'il en pète par tous les trous et tous les pores et je l'aurai fini à coup de tong. Mais ça, c'était avant* .

 

Le grincheux de l'été

 

Ce matin, j'ai posé un vaste mouchoir sur ses petites phrases assassines. J'ai cherché à comprendre le gros bidon courroucé. J'ai fini par saisir qu'Isséo "souillait" l'eau de mer pure qu'il était venu quérir ici, pour rincer les coquillages pêchés le matin. Incroyable... Il avait devant lui en flottaison des algues à foison, des brindilles en abondance, des plumes par dizaines, de goélands et autres volatiles marins et ce connard faisait une fixette sur mon toutou tout propre - tout net, rincé quotidiennement à l'eau douce après chaque bain dans l'Atlantique. J'ai été très tentée de révéler au gros bidon que je venais d'uriner précisément à l'endroit où il emplissait ses jerricans. J'ai gardé ce savoureux secret pour moi et lui ai très hypocritement recommandé un autre endroit, éloigné de l'entrée du port, sans doute plus épargné par la pollution des moteurs de bateaux. Le gros bidon a ronchonné qu'ici c'était très bien, a fait volte face avec ses bidons pleins et alors qu'il remontait la pente douce de la cale, je lui ai souhaité une très bonne journée.

 

Ce que j'ai changé quand même :) :) :) :) :).

 

 

 

*NDB (Note de Bibi) pour les nouveaux venus sur le blog :

"Avant", c'était avant de tomber malade. Je suis atteinte d'un cancer du sein métastatique. Le genre qui récidive un peu partout et qui finira par m'avoir un jour plus ou moins proche lointain. Mais le moral lui, n'est pas atteint. Je vais bien. Très bien même. Je mène une existence heureuse, débarrassée de ce qui encombre. Même les GRINCHEUX DE L'ÉTÉ sont devenus une source de rigolade.

 

Le grincheux de l'été

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